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Bourreaux et victimes : Psychologie de la torture Details
??Pour lutter contre la torture, la dénonciation des violences infligées ne suffit pas. Il faut aider les survivants à retrouver une vie "normale". Cela suppose, comme le montre Françoise Sironi, de pénétrer dans le monde mental des tortionnaires. Comment influence-t-on quelqu'un au point de le pousser à avouer, à révéler des informations, à trahir ? La violence physique n'explique pas tout. Quels sont donc les mécanismes psychologiques mis en oeuvre par les tortionnaires ? Surtout, comment fabrique-t-on des bourreaux, comment place-t-on certaines personnes en position d'exercer de telles pressions ? Françoise Sironi est maître de conférences en psychologie clinique et en psychopathologie à l'université Paris-VIII. Elle a cofondé le Centre Primo-Levi, spécialisé dans le soin des victimes de torture et de violences collectives. Elle est directrice du Centre d'ethnopsychiatrie Georges- Devereux, à l'université Paris-VIII.
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Les victimes de tortures physiques et/ou psychiques prsentent une symptomatologie atypique qui ne rentre dans aucune nosographie existante. Ignorer la ralit traumatique vcue par des sujets torturs relve d?une vritable ccit intellectuelle dont la norme est encore majoritairement impose par les formations universitaires des professionnels de la sant mentale. Cela revient plaquer des thories sur de la souffrance humaine et maintenir des techniques thrapeutiques qui occultent la ralit de l?exprience traumatique (p. 158). Rien d?tonnant cela, nous dit l?auteur, dans la mesure o [?] la psychanalyse et la psychopathologie se sont construites en dehors de toute pense incluant l?autre dans sa thorisation mme. L?autre reste l?angle mort de la thorie actuelle du traumatisme. (p. 100) Or, plaquer des thories sur des tudes de cas plutt que de thoriser partir d?observations concrtes se rptant invariablement n?a rien d?une dmarche scientifique et s?apparente plutt de la pseudoscience ou une science sans conscience l o, justement, une vritableScience avec conscience(cf. Edgar Morin) serait ncessaire pour comprendre comment se propage la violence par intriorisation de l?agresseur.C?est pourtant ce qui est encore couramment pratiqu comme le dnonce l?auteur de cet ouvrage dont l?intrt est de souligner sans cesse qu?il n?existe qu?une seule faon de traiter les victimes de traumatisme intentionnel : c?est pour le thrapeute de devenir l?antidote au bourreau introject par la victime (pp. 161, 169 et 170).L?un des trs grands intrts de cet ouvrage est de mettre au premier plan les consquences des traumatismes intentionnels qui s?appliquent aux phnomnes de torture, mais galement ceux de certaines situations traumatiques comme celle de violence psychologique que l?on aborde actuellement, et parfois abusivement, sous le concept de pervers narcissique (cf. Paul-Claude Racamier,Le Gnie des origines : Psychanalyse et psychoses). En effet, le principal point commun entre les victimes de tortures et celles de pervers narcissiques est l?interruption du processus de pense qui se traduit par un vide ou une absence de la pense, le dcervelage aurait dit Racamier ou bien l?embolie psychique (cf. J.-P. Vidal). Or, tout le travail thrapeutique dans ce type de situation que l?auteur commente abondamment consiste justement en une ranimation psychique (p. 90). Cette dernire n?est possible que sous certaines conditions qui ne sont pas remplies par certaines approches telles que la psychanalyse orthodoxe (classique ou traditionnelle ne pas confondre avec la psychanalyse groupale ou familiale) ou encore les approches systmiques et comportementales qui nient tout autant que la psychanalyse orthodoxe la ralit traumatique de tels patients. C?est dire s?il nous reste encore des progrs faire dans la prise en charge de personnes volontairement traumatises afin que les bourreaux puissent conserver leur emprise sur leurs victimes, car contrairement l?ide que l?on se fait de la torture, ce n?est pas pour faire parler que l?on torture, mais pour faire taire (p. 24).


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