Minggu, 02 Februari 2020

Correspondance (1958-1994)

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Correspondance (1958-1994) Details

Ce choix de lettres provient de trois volumes de correspondance inédite : « Hurlements du balcon (1958-1970) », « Vivre en comptant sur la chance (1960-1970) » et « Pour atteindre le soleil (1978-1994) ». Il nous révèle un Bukowski à la fois éloigné mais toujours très proche de son oeuvre. Il nous montre sans fausse pudeur et sans artifices les détails de son quotidien, le cheminement de sa pensée tout au long de ces années, et la vie intellectuelle des éditeurs underground des années 1960-1970. Il évoque avec un humour féroce les différentes femmes qui l'accompagnent ; on découvre également son rapport à l'histoire, ses réflexions sur la poésie - bien qu'il se défende de n'en avoir rien à faire.Bukowski envoie souvent à ses amis des poèmes qu'il a tout juste achevés : ses lettres dévoilent alors une écriture à l'état brut et un travail en constante évolution. On retrouve pendant ces quatre décennies les mêmes destinataires : entre autres, E.V.Griffith, qui a publié son premier recueil de poèmes ; Jon et Louise Webb, éditeurs de Bukowski mais aussi de William Burroughs et de Henry Miller ; Carl Weissner, son éditeur allemand qui traduit son oeuvre et le fait connaître dès les années 1960 en Allemagne ; enfin John Martin, fondateur de Black Sparrow Press, qui décide en 1966 de lui verser une rente à vie, pour que Bukowski quitte enfin le bureau de poste où il s'use la santé. On lit tour à tour des conseils d'encouragement, des critiques sur le monde contemporain, des jugements sur tel auteur...Même si sa soûlographie est un élément récurrent de toute sa correspondance, on retient d'abord de Bukowski sa sensibilité, son endurance, sa générosité, sa volonté de résister à toute forme d'obscurantisme moral, littéraire ou social. Il est aussi son propre juge, et c'est sans pitié qu'il se décrit, toujours avec humour.

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Quatre cents pages de lettres sélectionnées et traduites à partir de la correspondance choisie par Seamus Cooney et publiée par Black Sparrow Press aux Etats-Unis. Quatre cents pages aisées à lire, fluides, qui reflètent parfaitement le style de Buk. Quatre cents pages qui permettent de retracer les 35 dernières années de la vie du dirty old man, de East Hollywood à San Pedro, de la dépression à la célébrité. Quatre cents pages truffées de maximes et conseils sur l??écriture, l??alcool, l??amour, le talent, la vie en général. Tel un oracle, Buk rend ses avis et ils sont souvent définitifs.Ainsi en est-il de la célébrité (lettre adressée à Ann Baumann, juin 1962) : ''AVISE-TOI DE CROIRE QUE TU ES BON QUAND ILS TE DISENT QUE TU ES BON, ET AUSSITOT TU ES MORT, MORT, MORT.''Ou encore de l??acte créatif (lettre à John William Corrington, octobre 1963) : ''Tu n??essaies pas, tout simplement. C??est ce qu??il y a de plus important : ne pas essayer, que ce soit pour une Cadillac, la création ou l??immortalité.''Sous plusieurs variantes, on trouve aussi cette opinion concernant le rôle et la place de l??écrivain (ici, dans une lettre adressée à Stephen Kessler en janvier 1985) : ''La chose essentielle en ce qui concerne l??écriture c??est d??écrire, et non de parler d??écriture.''Dans le même esprit, cette comparaison des mérites respectifs des plombiers et des poètes ne manque ni d??humour ni de justesse (lettre à Mike Gold, 1982) : ''J??ai beaucoup plus de respect pour les plombiers que pour les poètes. Le plombier peut réellement me rendre service et il attrapera pas la grosse tête. En plus, 9 fois sur dix, c??est aussi un meilleur compagnon de biture.''Sur son goût pour la solitude et sa misanthropie, Buk confesse d??abord à Jon et Louise Webb, en octobre 1963 : ''Il n??y a rien de plus doux à mes yeux que de refermer la porte sur le monde et de retrouver mes quatre murs.'' Et puis, dans une lettre à William Packard, en décembre 1991, il a cette formule géniale : ''Le 2 janvier a toujours été l??un de mes jours préférés.''Les femmes ? Accrochez-vous, c??est du brutal (lettre à William Packard, mai 1988) : ''Oui, le prix d??un ''joli [derrière]'' est excessivement élevé, et ça n??est pas seulement de leurs plaintes qu??il s??agit mais de leurs critiques aussi. Les femmes ont une étrange façon de réduire les hommes en miettes et de les mettre à terre? Pendant que les hommes réfléchissent et se demandent ce qui a bien pu leur arriver, les femmes persévèrent. Quand elles te rencontrent pour la première fois tu es un chevalier blanc, mais 3 mois plus tard tu n??es plus qu??un gros tas de [m...] qui bouche la tuyauterie. Ensuite, s??ajoutent à cela ses amis, ses parents et ses idées sur ce qu??il faut faire et les endroits où aller. Et n??oublies pas le SPM qui dure parfois 31 jours dans un mois qui n??en compte que 29? Je n??ai jamais vu homme se balader bras dessus bras dessous avec une prétendue ''belle fille'' pour lequel je ne me sois senti triste?''Sur la vertu cathartique de l??écriture, trois passages méritent d??être cités. Le premier est extrait d??une lettre à Jon et Louise Webb, de janvier 1964 : ''Parfois, lorsque le frigo est rempli de bières, que j??ai fait le plein de cigares, que la lumière électrique vient heurter le papier blanc, que le ventilo ventile et que cette [...] du dessous ne cogne pas contre mon plancher, j??écris et j??écris encore, un peu cinglé, genre hypnotisé, et il n??y a que la fumée et la bière fraîche et PAP PAP PAP PAP PAP, et ça aussi, c??est du baume pour l??âme.'' Moins poétique, le second est adressé à Bruce Woods, dans une lettre d??avril 1991 : ''Le seul moyen d??apprendre à écrire est d??écrire et d??écrire et d??écrire encore, et d??avoir un tel besoin d??écrire que si tu ne le fais pas tu deviens cinglé ou tu dévalises une banque ou tu bois jusqu??à ce que mort s??ensuive ou tu te jettes en voiture du haut d??une falaise. Quand l??écriture t??attrape tu ne peux rien faire d??autre et il n??y a rien d??autre à faire. Toutes les autres approches sont absurdes et sans utilité aucune.'' Enfin, le troisième est issu d??une lettre adressée à Robert Patterson en décembre 1991 : ''Je me défends avec quelques trucs : la machine à écrire, la bouteille, la planque, l??ignorance du consensus. J??écris pour sauver mon propre [...], pour repousser loin de moi l??emprise de la folie avec des mots.''Concernant les mythes conjoints de l??art pur et du génie incompris, voici la sentence bukowskienne (lettre à Bill Robson, juillet 1972) : ''Je ne crois pas qu??être payé pour ce que l??on fait, devenir professionnel, puisse nécessairement porter atteinte à ton art. [?] La majorité des gens sont payés pour ce qu??ils font. Et ils le font bien. La misère et l??obscurité ne sont pas forcément des signes de reconnaissance du génie.''Enfin, Buk n??hésite pas à justifier et décortiquer son propre style. Par exemple, dans une lettre à Ann Menebroker (Baumann) en octobre 1966 : ''La seule forme d??obscénité, c??est d??écrire mal sur un sujet.'' Ou dans une lettre à Gerald Locklin, en juin 1987 : ''J??ai toujours préféré la phrase simple et nue parce que j??ai toujours eu le sentiment que la Littérature, celle d??aujourd??hui et celle des siècles passées, était en grande partie truquée [?]. En fait, j??ai l??impression qu??il serait plus difficile de mentir avec la phrase nue, ça se lit d??ailleurs plus facilement, et ce qui est facile est bon et ce qui est difficile est emmerdant. (?a m??est resté des usines et de la fréquentation des femmes). Ainsi, Fante m??a donné la phrase sensible, Hemingway la phrase qui ne demande rien, Thurber la phrase qui se moque de ce qu??a fait l??esprit qui n??y pouvait rien faire ; Saroyan la phrase qui s??aime elle-même ; Céline la phrase qui coupe la page comme un rasoir ; Sherwood Anderson la phrase qui parle au-delà de la phrase.''Quant à l??avis des autres (lettre à John Martin, juin 1970) : ''Je pense à un truc que John Thomas m??a dit un soir, ''Peu importe ce que tu fais, il y aura toujours un certain nombre de gens qui aimeront ce que tu fais, d??autres pas, et la grande majorité d??un côté comme de l??autre n??en aura rien à [faire].''''

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